Prévois ~30 min sur place, avec une affluence 3/5, et un accès facile depuis Paris intra. Viens sans réservation pour une visite sans stress.
Un passage couvert mythique sur les Champs-Élysées qui a gardé un peu de son faste d'antan. C'est surtout pratique pour traverser ou faire du shopping à l'abri. L'architecture intérieure vaut un coup d'œil rapide si tu es dans le quartier, mais ne fais pas un détour exprès.
Histoire et contexte
Le passage des Arcades des Champs-Élysées voit le jour le 1er octobre 1926. Il est l’initiative de Léonard Rosenthal, un diamantaire et promoteur immobilier ambitieux. À cette période, les Champs-Élysées se transforment, passant d’une promenade arborée à la vitrine mondiale du luxe. Rosenthal voulait y créer la galerie la plus somptueuse de Paris. Pour cela, il rachète l’hôtel particulier Dufayel, situé au numéro 78 de l’avenue, et le remplace par un projet audacieux : les Arcades des Champs-Élysées. Le lieu respire le luxe, mêlant le néoclassicisme à l’Art Déco naissant. Une partie des matériaux de l’ancien hôtel est réemployée, comme d’impressionnantes colonnes en granit. Elles côtoient des marbres précieux, des ferronneries d’art signées René Gobert et des luminaires sur mesure du maître verrier René Lalique. Le passage devient aussitôt une destination prisée, marquant le retour en grâce des galeries couvertes parisiennes.
L’audace du projet s’étendait au sous-sol. Dès 1928, un complexe balnéaire spectaculaire y ouvre ses portes. Surnommé « la plage de Paris », il propose alors une immense piscine, un hammam et un institut de beauté. L’ambiance, inspirée de la célèbre station balnéaire de Venise, donne son nom au lieu : le Lido. Ce fut un succès immédiat, mais éphémère. Après une faillite en 1933, le lieu est racheté en 1936 par Léon Volterra, un producteur de spectacles. Il a une tout autre vision : la piscine est comblée pour laisser place à une salle de dîner-spectacle. Le Lido, le cabaret mythique que l’on connaît, naît à ce moment-là.
Dix ans plus tard, en 1946, les frères Clérico reprennent l’affaire. Ils en font rapidement un haut lieu de la nuit parisienne, notamment avec la création des célèbres Bluebell Girls en 1948. Le Lido reste à cette adresse, dans le sous-sol des Arcades, pendant plus de quarante ans. Ce n’est qu’en 1977, pour s’agrandir, qu’il déménage quelques centaines de mètres plus haut, au 116 bis de l’avenue. Les galeries du passage, elles, sont toujours là. Elles sont inscrites aux Monuments Historiques depuis 1991 et rebaptisées officiellement Arcades des Champs-Élysées.
Ce qu’on y fait
Pénétrer dans les Arcades du Lido Paris, c’est d’abord s’offrir une pause au cœur du tumulte des Champs-Élysées. Ce passage, qui relie l’avenue à la rue de Ponthieu, agit comme un véritable havre. Le bruit s’atténue, la foule s’y disperse. Aujourd’hui, l’intérêt principal du lieu n’est plus commercial : les boutiques, bien que présentes, restent classiques et ne justifient pas un détour en soi. L’expérience se trouve ailleurs. Elle t’invite à une petite enquête architecturale, à la recherche des traces du faste des Années Folles qui subsistent au milieu des vitrines modernes. La traversée devient alors une sorte de chasse au trésor pour l’œil averti.
Une chasse aux trésors Art Déco
Lance-toi dans la découverte en levant les yeux et en repérant les éléments d’origine. Les plus frappantes sont les majestueuses colonnes en marbre et granit qui rythment l’espace. Certaines affichent des teintes beiges et noires, d’autres du granit gris ou rouge. Huit d’entre elles proviennent directement de l’ancien hôtel Dufayel. Ces colonnes soutiennent une magnifique verrière signée Fernand Jacopozzi, qui baigne la galerie d’une lumière douce et diffuse.
Observe attentivement l’éclairage, c’est l’un des joyaux du lieu. Plusieurs appliques et lustres sont des créations originales de René Lalique, figure majeure de l’Art Déco. Leurs lignes épurées et leur verre moulé sont immédiatement reconnaissables. Ils témoignent du soin extrême apporté à la décoration d’origine. Prends le temps de les détailler : ils racontent l’âme de ce passage. En revanche, deux fontaines monumentales, également de Lalique, ont quitté les lieux. L’une se trouve aujourd’hui au Japon, l’autre aux États-Unis.
L’ombre du Lido et l’ambiance d’aujourd’hui
En parcourant la galerie, imagine l’effervescence d’autrefois. C’est d’ici que les Parisiens élégants descendaient vers la fameuse piscine sous les Champs-Élysées, puis, des années plus tard, vers le cabaret pour assister aux revues. Aucun indice ne signale plus cet accès souterrain. Pourtant, savoir qu’un monde de fête et de paillettes existait juste sous tes pieds ajoute une dimension fascinante à ta visite.
L’ambiance est désormais beaucoup plus calme et sereine. Le passage sert de raccourci pratique aux habitués du quartier, et de refuge bienvenu pour les touristes surpris par la pluie. Il offre un cadre plus élégant pour le lèche-vitrine que l’avenue principale. Même sans projet d’achat, la simple traversée, qui prend une quinzaine de minutes, te permet d’apprécier une part méconnue de l’avenue la plus célèbre du monde.
Conseils pratiques
Les horaires d’ouverture des Arcades sont étonnamment difficiles à confirmer. Certaines sources indiquent une amplitude très large (7h30-23h30), tandis que d’autres mentionnent des plages plus classiques, comme 10h-21h. Pour éviter toute déconvenue, il est préférable d’éviter une visite trop tôt le matin ou tard le soir. Le plus sûr est de s’y rendre pendant les heures d’ouverture commerciale standards.
L’accès à la galerie est entièrement gratuit. Il s’agit avant tout d’une étape agréable au cours d’une balade sur les Champs-Élysées, non pas d’une destination où l’on passe des heures. Prévois environ 30 minutes pour une traversée attentive, le temps de repérer les détails architecturaux et de flâner. Comme pour l’avenue elle-même, un matin de semaine offre le plus de tranquillité : le mardi matin, par exemple. Le samedi après-midi, l’affluence est maximale et peut rendre l’expérience moins agréable. Situées dans le 8e arrondissement, les arcades représentent une halte naturelle si tu explores le quartier des Champs-Élysées.
Accessibilité
L’accessibilité constitue un atout majeur du lieu. La galerie est entièrement de plain-pied, avec un sol plat et régulier en marbre. L’accès est donc très facile, que ce soit avec une poussette ou en fauteuil roulant, aussi bien depuis l’avenue des Champs-Élysées que depuis la rue de Ponthieu. Aucune marche ni obstacle ne sont à signaler. En revanche, aucune information fiable n’est disponible concernant d’éventuels dispositifs spécifiques pour les personnes malvoyantes ou malentendantes.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille les Arcades du Lido parce qu’elles te permettent de te connecter à l’esprit des Années Folles là où tu ne l’attends pas. Ce n’est pas pour les boutiques que tu y vas, mais pour t’imaginer une piscine et un cabaret mythique juste sous tes pieds. Le passage t’invite à regarder les Champs-Élysées autrement : comme un lieu riche en histoires cachées, bien au-delà de sa façade commerciale.











