
Prévois ~2h00 sur place, avec une affluence 4/5, et un accès facile depuis Paris intra. Viens sans réservation pour une visite sans stress.
Construit sur les anciens abattoirs de Vaugirard. Il a gardé le beffroi et les halles (marché du livre ancien). Il y a des vignes et une ruche. C'est un parc de quartier très vivant et convivial.
Histoire et contexte
Le terrain que tu découvres aujourd’hui, dans le 15e arrondissement, a connu plusieurs vies avant de devenir le parc vivant que l’on connaît. Jusqu’au XVIIIe siècle, il était couvert de vignes, celles du réputé vignoble de Périchot qui rythmait la vie du hameau de Vaugirard. Ensuite, l’urbanisation aidant, les cultures maraîchères ont pris le relais. Mais une transformation bien plus radicale a suivi. En 1898, le site change complètement de visage avec l’inauguration des abattoirs de Vaugirard. Pendant près de 80 ans, ce fut un immense pôle d’activité industrielle. Il y avait son marché aux chevaux, ses bâtiments de vente à la criée et ses zones d’abattage. Pour les habitants du quartier, cette période fut synonyme de bruit, d’odeurs et d’une agitation incessante.
© Fabrice TrinitéEn 1974, une page se tourne définitivement avec la fermeture des abattoirs, qui déménagent en périphérie, comme ceux de la Villette. Le quartier peut enfin respirer. Que faire de cette immense friche de près de 9 hectares ? La décision est prise de la transformer en un grand espace vert, un projet concrétisé au milieu des années 1980. Le parc est conçu par les architectes Alexandre Ghiulamila et Jean-Michel Milliex, avec le paysagiste Daniel Collin. Ils ont imaginé un lieu aux paysages variés, avec des dénivelés, des sous-bois et une rivière artificielle. Pour le nommer, le choix s’est porté sur Georges Brassens, un hommage évident au poète et chanteur. Il a passé une grande partie de sa vie dans le quartier, d’abord dans sa modeste maison de l’impasse Florimont, puis un peu plus loin, rue Santos-Dumont. Le parc incarne ainsi l’âme de ce coin de Paris : populaire, un peu secret, et profondément attaché à son histoire.
© Fabrice TrinitéCe qu’on y fait
Le Parc Georges Brassens n’est pas un jardin parisien classique. Il offre une toute autre approche. Ici, la rigueur des Tuileries ou l’élégance du Luxembourg cèdent la place à un lieu de vie foisonnant, un parc de quartier où les ambiances se succèdent sans jamais se ressembler. Dès que tu y mets les pieds, tu perçois son mélange unique : une mémoire industrielle, une atmosphère de campagne surprenante, et une foule d’activités. C’est une adresse très appréciée des familles et des curieux. Le terrain, tout en relief, invite à la promenade, avec son belvédère qui offre une vue sur les environs, son petit pont qui enjambe une rivière et ses nombreuses allées qui serpentent entre les pelouses et les massifs. Chaque recoin raconte une histoire différente.
© Fabrice TrinitéSur les traces du passé industriel
Le parc n’a pas effacé son histoire, il l’a intégrée avec intelligence. Plusieurs vestiges des anciens abattoirs ponctuent la promenade et lui donnent un caractère unique. Le plus spectaculaire est sans doute le beffroi en briques rouges, qui se dresse au-dessus du grand bassin. C’était la tour de l’ancien marché à la criée, et sa silhouette est devenue l’emblème du parc. Juste à côté, un vaste bâtiment couvert a lui aussi été conservé : les anciennes halles aux chevaux. Plutôt que de les démolir, on leur a offert une seconde vie plus paisible, en y installant le marché du livre. À l’une des entrées principales, rue Brancion, tu seras accueilli par deux imposantes statues de taureaux en bronze, œuvres du sculpteur animalier Isidore Bonheur. Elles rappellent sans détour la fonction première du lieu et semblent monter la garde, témoins silencieux d’une époque révolue.
© Fabrice TrinitéUne ambiance de village et de terroir
Ce qui surprend le plus au Parc Georges Brassens, c’est cette impression de trouver un petit bout de campagne en plein Paris. Découvre d’abord le Clos des Morillons, un vignoble planté sur les hauteurs du parc. Avec ses quelque 700 pieds de pinot noir, il renoue avec le passé viticole du quartier. Chaque automne, les vendanges y sont célébrées, et le vin produit est vendu aux enchères au profit d’œuvres sociales de l’arrondissement. Un peu plus loin, un rucher pédagogique, géré par la Société Centrale d’Apiculture, abrite des milliers d’abeilles parisiennes. Leur miel est vendu sur place le premier samedi de chaque mois. C’est une occasion unique de dénicher un produit aussi local.
© Fabrice TrinitéLe parc abrite aussi le jardin des senteurs, un espace particulièrement touchant. Il a été spécialement conçu pour les personnes malvoyantes. Plus de 80 espèces de plantes aromatiques, médicinales et odorantes y sont rassemblées. Chaque plante est accompagnée d’une étiquette en braille, permettant une découverte tactile et olfactive de la botanique. Cette initiative remarquable rend le parc encore plus accueillant et inclusif. Enfin, en te promenant, tu remarqueras que plusieurs allées portent les noms de chansons de Brassens. Un buste en bronze à son effigie renforce discrètement le lien intime entre l’artiste et son parc.
© Fabrice TrinitéUn paradis pour les familles et les chineurs
Le week-end, le parc s’anime et devient le terrain de jeu préféré des familles du quartier. Les activités pour les enfants sont nombreuses. Outre les aires de jeux classiques, tu trouveras un mur d’escalade, un manège traditionnel, et surtout les populaires promenades à poney, un classique qui ravit les plus petits le mercredi et le week-end. Un théâtre de Guignol propose également des spectacles de marionnettes, perpétuant une tradition parisienne indémodable.
L’autre grand rendez-vous du week-end, c’est le marché du livre ancien et d’occasion. Il se tient chaque samedi et dimanche, de 9h à 18h, sous les anciennes halles aux chevaux. C’est l’un des plus grands marchés de ce type à Paris. Des dizaines de bouquinistes y installent leurs étals, proposant une sélection immense de livres de poche, de beaux ouvrages, de bandes dessinées, de gravures et de vieux papiers. L’ambiance y est conviviale et feutrée. On y vient pour chiner, chercher la perle rare ou simplement flâner au milieu des trésors de papier, à l’abri du temps et de la pluie. Ces livres donnent au parc une dimension culturelle forte, en faisant une destination à part entière.
© Fabrice TrinitéConseils pratiques
Le Parc Georges Brassens se découvre de plusieurs manières. Pour le calme, privilégie un matin de semaine, comme le mardi. Le parc sera alors un havre de paix, fréquenté par les habitués du quartier. Le week-end, l’atmosphère change radicalement, surtout avec le marché du livre qui attire beaucoup de monde. Le dimanche matin est souvent le pic d’affluence. Si tu es amateur de livres, c’est évidemment le moment idéal, mais si tu cherches la tranquillité, il vaut mieux passer à un autre moment. Le premier week-end d’octobre, le parc accueille la Fête du Miel et des Vendanges, un événement festif et convivial à ne pas manquer.
© Fabrice TrinitéL’accès au parc est entièrement gratuit. Seules quelques activités spécifiques sont payantes, comme les promenades à poney (environ 3,50 €) ou le théâtre de marionnettes (environ 4 €). Les horaires d’ouverture varient énormément avec les saisons. Le parc ferme ses portes dès 17h45 en plein hiver, mais reste ouvert jusqu’à 21h30 au cœur de l’été. Pense à vérifier les horaires avant ta visite. Pour une découverte complète, en prenant le temps de flâner au marché du livre et de te poser, prévois environ deux heures. Le parc se trouve dans le quartier de Vaugirard, au sein du 15e arrondissement. C’est un secteur authentique et moins touristique de Paris. Il constitue d’ailleurs un excellent point de départ pour une exploration plus large, notamment en rejoignant la promenade de la Petite Ceinture du 15e, dont un accès se trouve à proximité.
Le parc garde le caractère d’un lieu de vie de quartier. Ne t’attends donc pas à un jardin tiré au cordeau. Cela fait son charme, mais implique aussi quelques limites. Comme il est très fréquenté et accueille de nombreuses activités, certaines zones peuvent être ponctuellement fermées pour des travaux d’entretien. Le site de la Mairie de Paris donne généralement des informations à jour. Par ailleurs, il n’y a pas de kiosque ou de buvette permanente à l’intérieur du parc, pense à apporter une bouteille d’eau. Enfin, comme dans tout grand espace public parisien, une vigilance simple est toujours de mise, même si le parc reste un lieu familial et tranquille.
Accessibilité
Les allées principales du parc sont larges et permettent une circulation assez facile en poussette ou en fauteuil. Cependant, le terrain est décrit comme vallonné, avec des pentes parfois marquées sur certaines sections. Cela peut rendre la progression plus difficile pour un fauteuil roulant manuel, qui pourrait nécessiter un accompagnement. Le point fort du parc en matière d’accessibilité est sans conteste le jardin des senteurs. Spécialement aménagé pour les personnes malvoyantes, il propose des étiquettes en braille pour identifier les nombreuses plantes aromatiques. C’est un équipement remarquable, assez rare pour être souligné. Des toilettes publiques sont également disponibles sur place.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille le Parc Georges Brassens parce qu’il incarne une transformation parisienne réussie. Il a su conserver les traces de son passé industriel, non pas en les dissimulant, mais en les transformant en éléments de caractère qui lui donnent une âme. C’est un lieu qui prouve qu’on peut faire cohabiter un marché aux livres, des vignes, des ruches et des rires d’enfants là où se dressaient autrefois des abattoirs. Si tu cherches un autre visage de Paris, moins attendu, plus authentique et foisonnant, ce parc t’offre une immersion singulière.













