Prévois ~2h00 sur place, avec une affluence 4/5, et un accès facile depuis Paris intra. Réservation obligatoire pour une visite sans stress.
La piscine mythique de Paris, devenue un hôtel de luxe. Les bassins (hiver et été) sont iconiques. C'est très cher (club privé), mais boire un verre sur le rooftop avec vue sur le bassin bleu est un must chic.
Tu nous lis souvent ? Ajoute Et Voilà Paris à tes sources Google
Histoire et contexte
Quand la Piscine Molitor fut inaugurée en 1929, elle ne tarda pas à s’imposer comme un symbole de la modernité parisienne. Conçue par l’architecte Lucien Pollet dans un style Art déco audacieux, elle évoquait un immense paquebot blanc et ocre, ancré au bord du Bois de Boulogne. Pendant 60 ans, elle fut l’un des lieux les plus prisés de la capitale. Le tout-Paris s’y retrouvait pour nager dans ses deux bassins, un d’hiver couvert et un d’été en plein air, ou patiner sur la glace qui remplaçait le bassin extérieur en saison froide. C’est même ici qu’en 1946, le premier bikini fut dévoilé. Et pour l’inauguration, Johnny Weissmuller, le futur Tarzan du cinéma, y officia comme maître-nageur.
Pourtant, à la fin des années 80, ce paquebot prend l’eau. Jugé vétuste, le complexe ferme ses portes en 1989. Classé aux monuments historiques, il échappe à la démolition, mais pas à l’abandon. Commence alors pour Molitor une seconde vie, loin des mondanités. Vidé de son eau, le lieu devient un immense terrain de jeu pour la contre-culture parisienne. Graffeurs, artistes de rue et organisateurs de raves investissent les murs, les cabines et le fond des bassins. Molitor se transforme en un temple du street art, un symbole de l’underground des années 90 et 2000.
Cette parenthèse rebelle se referme au début des années 2010. Après une reconstruction quasi-totale, qui a tout de même préservé certains éléments de façade et l’esprit d’origine, Molitor renaît en 2014. Il s’agit désormais d’un complexe hôtelier 5 étoiles, l’Hôtel Molitor Paris, MGallery, opéré par le groupe Accor, bien loin de sa vocation populaire première. L’âme du lieu a changé, c’est vrai, mais ses deux vies, la chic et l’underground, cohabitent aujourd’hui dans un décor unique à Paris.
L’activité
Pour être clair : la Piscine Molitor n’est plus une piscine publique. Oublie l’idée de venir y faire quelques longueurs pour le prix d’une entrée municipale. Molitor est aujourd’hui un resort urbain privé, un complexe de luxe articulé autour de ses deux bassins historiques. Tu y trouveras le bassin d’hiver intérieur de 33 mètres et le bassin d’été extérieur de 46 mètres, tous deux chauffés toute l’année. Plusieurs options s’offrent à toi pour y accéder, mais sois prévenu : aucune n’est anodine pour le portefeuille.
L’expérience principale reste réservée aux clients de l’hôtel 5 étoiles (124 chambres et suites) et aux membres de son très sélect Club Molitor. En séjournant à l’hôtel, tu bénéficies d’un accès illimité aux bassins, au spa Clarins, à la salle de fitness et aux espaces de détente. Si tu n’es pas client, plusieurs portes d’entrée sont possibles, à condition d’y mettre le prix. La plus directe est le Day Pass, un forfait journée qui te donne accès aux installations (bassins, sauna, hammam, salle de sport) pour un tarif débutant autour de 180 €. Tu peux aussi réserver un soin au spa. Certains forfaits, souvent au-delà de 290 €, incluent un accès aux bassins pour une durée déterminée. C’est une option pertinente si tu souhaites combiner détente et baignade dans un cadre exceptionnel.
Heureusement, il existe des manières plus accessibles de consommer le mythe Molitor. Le rooftop, par exemple, est ouvert de mai à septembre et accessible à tous sans droit d’entrée, à condition de consommer. Boire un verre, avec vue plongeante sur le grand bassin bleu turquoise, est une excellente façon de t’imprégner de l’atmosphère du lieu. Tu peux aussi réserver une table à la brasserie. Enfin, le passé street art n’a pas été oublié pour les amateurs d’art. Les anciennes cabines du bassin d’hiver ont été transformées en galerie d’art permanente, et des visites guidées sont organisées pour découvrir les œuvres créées in situ par des dizaines d’artistes.
Ce qu’on y vit
L’expérience Molitor commence par un choc visuel. Dès que tu découvres le grand bassin extérieur, tu es saisi par l’harmonie des couleurs : le bleu intense de l’eau, le jaune sable des façades et le blanc des balustrades. L’architecture de Lucien Pollet y est omniprésente, avec ses lignes pures de paquebot, ses hublots et ses coursives sur trois niveaux. Nager ici, c’est s’offrir un voyage dans le temps. Tu flottes dans un décor qui a vu défiler près d’un siècle d’histoire parisienne. L’ambiance y est feutrée et exclusive. L’affluence demeure maîtrisée, loin de l’agitation des piscines publiques. C’est un luxe calme, où le clapotis de l’eau est à peine troublé par une musique lounge.
L’autre facette de l’expérience est artistique. En te dirigeant vers le bassin d’hiver, tu passes devant les fameuses cabines bleues. Pousse la porte de l’une d’elles, et tu changes complètement d’univers. À l’intérieur, des dizaines de street artists ont laissé leur empreinte. Chaque cabine est une œuvre d’art unique, un mini-musée personnel. Ce contraste entre le cadre luxueux et policé de l’hôtel et l’énergie brute du street art est au cœur de l’identité du nouveau Molitor. C’est assez déroutant : l’art, autrefois un squat, un acte de rébellion, est aujourd’hui encadré, éclairé, muséifié. Cette récupération peut laisser perplexe, mais elle crée un dialogue visuel que tu ne trouveras nulle part ailleurs à Paris.
En été, l’ambiance change radicalement avec l’ouverture du rooftop. Le toit-terrasse devient alors le point de ralliement. La vue sur le bassin, la Tour Eiffel au loin et les toits du 16e arrondissement est exceptionnelle. Le soir, avec les éclairages et souvent un DJ, l’atmosphère se fait plus festive, tout en restant chic. C’est l’un des spots les plus courus de l’ouest parisien, idéal pour voir et être vu. On y vient pour la vue, pour les cocktails et pour l’aura d’un lieu qui a su se réinventer.
Ce qui peut ne pas te convenir
Sois bien conscient : Molitor a radicalement changé. Si tu cherches l’effervescence populaire des années 30 ou l’ambiance alternative de la période friche, tu ne les trouveras pas. L’esprit underground est devenu un argument marketing, une thématique esthétique intégrée à un service cinq étoiles. C’est parfaitement exécuté, mais cela reste une reconstitution.
Le principal frein est bien sûr le budget. Molitor est une expérience de luxe, et les tarifs sont en conséquence. Le prix du Day Pass peut paraître prohibitif si ton seul objectif est de nager. En réalité, il faut le voir comme une journée complète dans un resort, avec accès à de multiples services. Si ton budget est serré, l’option la plus réaliste reste de prendre un verre sur le rooftop. Cela te permet de découvrir le lieu et de profiter de l’ambiance sans te ruiner.
Enfin, l’ambiance est très codifiée. Le service est impeccable, la clientèle majoritairement aisée, qu’elle soit locale ou internationale. Si tu es mal à l’aise dans les environnements très chics et que tu préfères les atmosphères plus simples et décontractées, tu risques de ne pas te sentir complètement à ta place.
Conseils pratiques
La réservation est obligatoire pour absolument tout à Molitor : une nuit d’hôtel, un soin au spa, un pass journée, une table au restaurant, et même parfois pour accéder au rooftop lors des soirées les plus prisées. Ne pense même pas te présenter à l’improviste, surtout un week-end d’été. Pour plus de tranquillité, privilégie un créneau en semaine, par exemple un mardi matin. Sache que le samedi après-midi est le moment où l’affluence des membres du club et des clients de l’hôtel est la plus forte.
L’entrée principale du complexe se situe au 13 rue Nungesser et Coli. Le lieu est très bien desservi et facile à trouver dans le quartier d’Auteuil. Tu es à deux pas de Roland-Garros et du Parc des Princes. Si tu prévois juste de nager et de te détendre, compte environ 2 heures sur place. Si tu ajoutes un déjeuner ou un soin, tu peux facilement y passer une demi-journée.
Le complexe est moderne et a reçu le label Tourisme & Handicap, ce qui garantit une excellente accessibilité. Des ascenseurs et des rampes permettent de circuler facilement, y compris pour les personnes en fauteuil roulant. Si tu as des besoins spécifiques, n’hésite pas à contacter l’établissement en amont. C’est une bonne option pour découvrir un lieu emblématique du 16e arrondissement sans te soucier des barrières architecturales.
Les différentes options d’accès et leurs tarifs
Pour t’y retrouver, voici un résumé des possibilités pour profiter du lieu si tu n’es pas client de l’hôtel. Les prix sont indicatifs et peuvent évoluer.
- Le Day Pass : C’est l’accès journée aux installations (bassins, hammam, sauna, fitness). Il faut compter à partir de 180 € par personne.
- Le forfait Spa : Réserver un soin est une autre porte d’entrée. Les forfaits incluant l’accès aux bassins commencent généralement autour de 290 €. Vérifie bien les conditions au moment de la réservation.
- Le Rooftop et la Brasserie : L’accès est gratuit, mais la consommation est obligatoire. C’est la solution la plus économique pour découvrir le cadre.
- L’abonnement au Club : Pour les résidents ou les très grands amateurs, l’abonnement annuel au club de sport est une option. Son coût est de l’ordre de 3500 €.
- La visite des cabines d’art : Des visites guidées sont proposées en semaine, elles sont payantes. L’accès peut être libre et gratuit lors d’événements spéciaux comme les Journées du Patrimoine, mais c’est à vérifier au cas par cas.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille ce lieu parce qu’il va bien au-delà d’une simple piscine : c’est une destination qui raconte une histoire unique à Paris. Tu y nages littéralement au cœur d’un monument Art déco, entouré des fantômes du street art. Molitor incarne le symbole d’une certaine gentrification parisienne, ce qui en fait un cas d’étude fascinant. Y aller, même juste pour un verre, c’est toucher du doigt ce paradoxe et comprendre comment la ville se réapproprie et transforme ses propres mythes.











