Prévois ~15 min sur place, avec une affluence 5/5, et un accès facile depuis Paris intra. Viens sans réservation pour une visite sans stress.
L'escalier mythique qui longe le funiculaire de Montmartre. 222 marches ! C'est le défi sportif des touristes. La vue en haut récompense l'effort. C'est un classique parisien.
Histoire et contexte
Cette voie, singulière pour une rue, a été officiellement percée par un décret du 11 août 1867. À cette période, Montmartre venait d’être rattaché à Paris. La butte, encore majoritairement rurale, entamait une transformation rapide. Le terrain, ancienne propriété de l’abbaye de Montmartre, avait été vendu comme bien national pendant la Révolution, puis exploité comme carrière. Il fallait donc de nouveaux accès vers le sommet, qui allait bientôt accueillir la Basilique du Sacré-Cœur. La rue Foyatier est ainsi née de ce besoin d’urbaniser et de structurer la colline, en proposant un chemin direct et imposant depuis sa base.
Son nom, attribué en 1875, rend hommage au sculpteur Denis Foyatier (1793-1863). Cet artiste était alors connu pour ses œuvres qui ornaient les grands monuments parisiens. L’escalier est ainsi devenu le compagnon piéton du funiculaire de Montmartre, inauguré en 1900 juste à côté. Depuis plus d’un siècle, ces deux voies, l’une mécanique, l’autre exigeant l’effort humain, incarnent les deux manières de rejoindre la butte : le confort moderne ou le charme d’une ascension traditionnelle.
Un point intéressant enrichit son histoire culturelle. Au numéro 11, dans un bâtiment qui était un vestige de l’Exposition Universelle de 1900, l’atelier de gravure Lacourière-Frélaut s’installe en 1929. Fondé par Roger Lacourière, il est vite devenu une adresse de référence pour les plus grands artistes du XXe siècle. Picasso, Chagall, Matisse, Miró ou encore Dalí y sont venus imprimer leurs œuvres, faisant de cette rue-escalier un lieu de rencontre pour l’avant-garde artistique mondiale, au-delà des pèlerins et des touristes.
Ce qu’on y fait
La rue Foyatier n’est pas un simple passage ; elle offre une immersion dans l’ambiance de Montmartre. C’est un unique et grand escalier de 222 marches qui s’étire sur 100 mètres de long. Son rôle principal est clair : te permettre de monter ou de descendre. Cependant, entre le premier et le dernier barreau, tu découvres une succession d’atmosphères et de panoramas qui en font un lieu à part entière. Que tu la graves pour le défi, la descendes pour profiter de la perspective, ou t’y arrêtes pour observer, elle t’invite à une expérience singulière.
L’ascension, un effort physique et une récompense visuelle
Gravir la rue Foyatier est un petit rite de passage montmartrois. Les 222 marches sont réparties en neuf volées de 23 à 25 marches chacune, ce qui te permet de gérer ton effort. Avec un dénivelé de 36 mètres, la pente dépasse les 35 %. C’est une montée exigeante, courte mais intense, qui sollicite les mollets et le souffle. Chaque palier devient une pause bienvenue, un moment pour te retourner et voir la ville s’étendre progressivement à tes pieds. La satisfaction n’est pas seulement au sommet ; elle se construit à chaque étape. La vue se dégage, les toits de Paris apparaissent, et l’effort donne une saveur particulière au panorama qui t’attend sur le parvis du Sacré-Cœur. Cette conquête progressive du paysage rend l’ascension si marquante.
Un décor de carte postale, du matin au soir
Cette rue est l’un des lieux les plus photogéniques de Paris. Sa perspective impeccable, encadrée d’un côté par les arbres du square Louise Michel et de l’autre par la cabine du funiculaire, compose un cadre visuel saisissant. Les réverbères pittoresques qui la jalonnent lui confèrent un charme désuet, particulièrement beau à la tombée de la nuit ou au petit matin, lorsque la lumière rasante souligne les reliefs. Le photographe Brassaï a d’ailleurs immortalisé cette atmosphère nocturne dans ses célèbres clichés. Le lieu a aussi servi de décor naturel à de nombreux films, comme la comédie populaire Les Ripoux de Claude Zidi, ancrant son image dans la culture populaire. Chaque saison transforme le tableau : la verdure luxuriante de l’été, les teintes dorées de l’automne ou la silhouette graphique des arbres dénudés en hiver.
Un terrain de sport à ciel ouvert
Au-delà de son attrait touristique, la rue Foyatier sert aussi de stade vertical aux sportifs parisiens. Tôt le matin ou tard le soir, loin de la foule, tu y croiseras des coureurs et des traileurs qui enchaînent les montées et les descentes. Pour eux, ces 222 marches représentent un terrain d’entraînement idéal pour travailler le cardio et le renforcement musculaire. Cette utilisation locale et sportive contraste avec le flux des visiteurs, rappelant que Montmartre reste un quartier vivant, pleinement investi par ses habitants. Observer ces athlètes transformer ce décor de carte postale en un lieu d’effort intense ajoute une dimension supplémentaire à la rue : celle d’un équipement urbain brut et efficace.
Conseils pratiques
Avant de t’y engager, sache que la montée des 222 marches représente un effort physique certain. Si tu as des difficultés à marcher, des problèmes cardiaques, ou si tu es avec de très jeunes enfants ou une poussette, ce n’est pas la solution la plus simple. Le funiculaire de Montmartre, qui longe l’escalier, est là pour ça. Il t’emmène au sommet en moins de deux minutes pour le prix d’un ticket de métro. Le choix entre les deux dépendra de ta condition physique et de ton envie : l’escalier pour l’expérience et le défi, le funiculaire pour le confort et la rapidité.
L’accès à la rue Foyatier est entièrement gratuit et possible 24h/24. L’ascension en elle-même prend environ 15 minutes en comptant quelques pauses. L’inconvénient majeur du lieu est sa très forte fréquentation. Étant l’un des accès principaux au Sacré-Cœur, l’escalier est souvent bondé, surtout le week-end et pendant les vacances scolaires. Pour une expérience plus tranquille, privilégie un matin de semaine, par exemple un mardi matin. Le pire moment reste sans conteste le dimanche après-midi, où la foule peut rendre la progression lente et l’atmosphère moins agréable. La rue est située dans le quartier de Montmartre, dans le 18e arrondissement, et est facilement accessible depuis les stations de métro Anvers ou Abbesses.
L’éclairage public est assuré par les réverbères, ce qui permet une visite nocturne en toute sécurité et offre une ambiance singulière. Des bancs sont disposés sur certains paliers, te permettant de faire une vraie pause pour reprendre ton souffle ou simplement admirer la vue qui se dégage. N’oublie pas que même si le nom évoque une rue, il s’agit avant tout d’un escalier : le sol est constitué de marches en pierre qui peuvent être glissantes par temps de pluie.
Accessibilité
En raison de sa configuration, la rue Foyatier est totalement inaccessible aux personnes en fauteuil roulant et à celles ayant une mobilité très réduite. Les 222 marches ne sont doublées d’aucune rampe ni d’aucun dispositif d’aide. L’alternative directe et la plus pertinente est d’emprunter le funiculaire de Montmartre, qui lui est conçu pour être accessible. C’est la solution la plus simple et la plus sûre pour franchir ce dénivelé important si tu as des difficultés à te déplacer. Il n’existe pas d’informations sur des aménagements spécifiques pour les personnes malvoyantes ou malentendantes.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille de gravir la rue Foyatier au moins une fois, car c’est une des rares expériences parisiennes où l’effort physique transforme complètement ta perception d’un lieu. En arrivant au sommet par tes propres moyens, le panorama sur Paris devient une récompense que tu as méritée. Cet accomplissement personnel change un simple passage touristique en un souvenir vraiment profond.











