## Histoire et contexte

Paris manquait d'un lieu majeur dédié aux créations contemporaines du continent africain et de ses diasporas. C'est de ce constat qu'est née l'idée d'une **Maison des Mondes Africains**. Le projet a été officiellement lancé en **2021** par Emmanuel Macron, sur la base d'un rapport signé par l'historien **Achille Mbembe**. Son travail préconisait la création d'un centre modelé sur l'Institut du Monde Arabe, non pas pour regarder vers le passé, mais pour capter et diffuser l'énergie créative du présent. L'objectif était clair : combler un vide et offrir une alternative aux institutions souvent tournées vers les arts ethnographiques ou premiers.

Après une gestation de plusieurs années et l'étude de différents sites, dont la prestigieuse Monnaie de Paris, le projet a finalement trouvé sa première adresse. **MansA** a ouvert ses portes le **4 octobre 2025** dans un ancien atelier de haute couture de 800 m². Tu la trouveras au 26 rue Jacques-Louvel-Tessier, dans le **10e arrondissement**. Ce lieu est une préfiguration, une première étape prévue pour une durée de deux ans, avant un déménagement dans un site pérenne en 2027. Dirigée par la journaliste et réalisatrice **Liz Gomis**, l'institution porte un nom riche de sens : MansA évoque le latin mansio (la maison) et rend hommage à **Mansa Moussa**, empereur de l'Empire du Mali au XIVe siècle. Même son logo, une couronne stylisée, est un clin d'œil à celle, iconique, de l'artiste **Jean-Michel Basquiat**.

## Ce qu'on y découvre

Pour commencer, MansA n'est pas un musée. Tu n'y trouveras pas de collection permanente à parcourir. C'est une plateforme vivante, un lieu pluridisciplinaire qui se définit comme "un lieu, un média et un réseau". Chaque visite dépend entièrement de la programmation du moment. Tu y viens pour assister à un événement, découvrir une exposition temporaire, participer à un débat, ou simplement sentir le pouls de la **culture afro-diasporique** contemporaine. L'expérience est donc toujours renouvelée, ancrée dans le présent.

### Une programmation pluridisciplinaire et vivante

Le cœur de MansA bat au rythme de ses événements. La programmation est volontairement dense et variée, conçue pour croiser les disciplines et les publics.

Les **expositions temporaires** sont le pilier de la programmation artistique. Elles mettent en avant des artistes émergents ou confirmés, issus du continent africain ou de ses diasporas. Pour son inauguration, MansA a donné le ton en consacrant sa première exposition, Noires, à la jeune artiste française **Roxane Mbanga**. C'est un choix fort qui signale l'ambition du lieu d'accompagner et de faire grandir les voix de la nouvelle génération. Ces expositions sont pensées comme des expériences immersives, où la scénographie joue un rôle aussi important que les œuvres elles-mêmes.

Le lieu se transforme aussi régulièrement en forum de discussion. Des rencontres et des débats sont organisés pour aborder des questions de société, d'histoire ou de création. Le **Book Club** invite par exemple à explorer des œuvres littéraires majeures, comme lors de la rencontre consacrée à l'écrivaine ghanéenne Ama Ata Aidoo. Le cinéma trouve aussi sa place avec le **CinéMansA** : ce ciné-club propose des projections de films rares ou récents, souvent suivies d'échanges avec les réalisateurs ou des critiques. Enfin, la musique résonne avec les **MansA Sessions**, des performances live filmées au cœur du lieu, qui explorent la richesse des courants musicaux, du Highlife ghanéen au Soukouss congolais, en passant par le Makossa camerounais.

### Un incubateur pour les créateurs de demain

MansA ne se contente pas de montrer la création, elle aide à la faire naître. Le **MansA Lab** est l'incubateur de projets intégré au lieu. Sa mission est d'accompagner pendant huit mois les entrepreneurs et porteurs de projets dans le domaine des industries culturelles et créatives. Que tu sois artiste, designer, auteur ou producteur, si ton projet raconte les mondes africains, ce dispositif peut t'offrir un soutien décisif. Cette dimension fait de MansA un lieu tourné vers l'avenir, qui investit concrètement dans la structuration d'un écosystème créatif durable. C'est un aspect que tu ne verras pas forcément lors d'une simple visite, mais qui constitue l'une des âmes du projet.

### Un média pour de nouveaux récits

La troisième facette de MansA est celle d'un média. L'institution veut produire et diffuser des contenus pour porter de nouvelles narrations sur l'Afrique et ses diasporas, loin des clichés. Cela se traduit par une présence en ligne active, des créations originales comme des expériences immersives, et le lancement prochain d'un magazine. Cette dimension se nourrit aussi des nombreux partenariats tissés avec d'autres institutions culturelles, en France comme à l'international. Des collaborations avec le **Centre Pompidou** ou l'**Institut Français** permettent par exemple de monter des projets d'envergure, comme la restauration de films de la réalisatrice Sarah Maldoror. MansA fonctionne ainsi comme un carrefour, un point de connexion entre des artistes, des penseurs et des publics variés.

## Conseils pratiques

Avant toute visite, tu dois impérativement consulter l'agenda en ligne de la **Maison des Mondes Africains**. Le lieu n'a pas les horaires fixes d'un musée traditionnel. Il est accessible uniquement lors des événements et des expositions programmés. Tenter de passer par hasard est le meilleur moyen de trouver porte close. Les horaires varient donc totalement d'une semaine à l'autre. À titre indicatif, des ouvertures l'après-midi en semaine (14h-19h) et des nocturnes le vendredi ont été constatées. Le week-end offre une amplitude plus large. Mais seule la programmation officielle fait foi.

Même si l'accès est entièrement **gratuit**, la réservation d'un créneau en ligne est souvent recommandée, voire obligatoire, pour les expositions temporaires ou les événements. Cela permet de réguler l'affluence et de garantir une visite confortable. Le meilleur moment pour découvrir une exposition au calme est généralement en semaine, en début d'après-midi. À l'inverse, les soirs de vernissage ou de débat, l'endroit est souvent bondé. L'ambiance est plus effervescente, mais moins propice à la contemplation. Pour une exposition, compte environ **90 minutes** de visite. Côté logistique, sois prévoyant : il n'y a ni vestiaire ni consigne. Seuls les sacs de petite taille sont autorisés. Situé dans un quartier vivant du 10e, c'est une étape facile à intégrer dans une balade vers le Canal Saint-Martin, le quartier de République ou les rues animées du 11e arrondissement tout proche.

### Un lieu temporaire et une accessibilité à anticiper

Deux limites sont à anticiper avant de te déplacer. D'abord, ce lieu est une préfiguration. MansA est installée dans cet ancien atelier pour une durée de **24 mois**, jusqu'en 2027, avant de rejoindre son site définitif. Cela explique certaines contraintes, notamment en matière d'accessibilité.

C'est le point faible majeur du site actuel : il n'est que **partiellement accessible**. Installé dans un bâtiment ancien, seul le rez-de-chaussée peut accueillir les personnes en fauteuil roulant. Les étages et le sous-sol, où se déroulent parfois des projections ou une partie des expositions, ne le sont pas. Si tu as des besoins spécifiques en matière de mobilité ou d'accompagnement, il est plus prudent de contacter l'équipe en amont pour organiser au mieux ta venue.

## Pourquoi je te le conseille

Je te recommande ce lieu parce qu'il est nécessaire et vivant. Ce n'est pas un espace figé qui te parle du passé, mais une plateforme vibrante qui te connecte directement avec les artistes, les penseurs et les créateurs qui façonnent la culture d'aujourd'hui et de demain. Y aller, c'est une occasion rare et gratuite de découvrir des points de vue singuliers et de sentir l'énergie d'une scène artistique en pleine effervescence.
