Prévois ~1h00 sur place, avec une affluence 3/5, et un accès facile depuis Paris intra. Réservation conseillée pour une visite sans stress.
Pour un verre très chic dans un cadre Art déco époustouflant. Les fresques au plafond sont sublimes et le piano-bar ajoute une touche romantique. C'est cher, c'est du luxe, mais pour une occasion spéciale ou juste pour admirer le lieu, ça vaut le coup.
Histoire et contexte
Inauguré en 1910, l’Hôtel Lutetia n’était pas un palace comme les autres. Marguerite Boucicaut, la visionnaire derrière Le Bon Marché, l’a créé pour offrir un pied-à-terre luxueux à sa clientèle de province et internationale. Situé sur la Rive Gauche, il détonnait, loin des grands hôtels concentrés autour de l’Opéra et des Champs-Élysées. Son architecture, un exemple marquant d’Art nouveau tirant vers l’Art déco, l’a aussitôt distingué. Très vite, il est devenu le refuge des esprits libres, des artistes et des intellectuels qui animaient Saint-Germain-des-Prés. Des figures comme Ernest Hemingway, Pablo Picasso, James Joyce ou André Gide y avaient leurs habitudes, contribuant à bâtir sa légende d’hôtel littéraire et artistique.
Cette histoire glamour et intellectuelle a été violemment interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Dès 1940, l’hôtel est réquisitionné par l’Abwehr, les services de renseignement et de contre-espionnage de l’armée allemande. Les salons qui avaient accueilli les conversations des plus grands artistes sont devenus le théâtre d’opérations obscures. Mais la Libération y a écrit un chapitre plus poignant encore. En 1945, à la demande du Général de Gaulle, le Lutetia est transformé en centre d’accueil pour les rescapés des camps de concentration. Des milliers de déportés y ont été hébergés, soignés et aidés à retrouver leurs proches. Les listes de noms affichées dans le hall sont restées un symbole puissant de ces retrouvailles et de cette douleur. Ce passé a marqué le lieu de façon indélébile, offrant un contraste saisissant avec son faste originel.
Après une rénovation colossale de quatre ans, orchestrée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte et achevée en 2018, l’hôtel a rouvert ses portes. Il est aujourd’hui modernisé, mais toujours respectueux de son héritage. C’est dans ce contexte que le Bar Joséphine Paris a été baptisé, en hommage à l’une de ses plus fidèles et flamboyantes clientes : Joséphine Baker. Meneuse de revue, résistante, icône de liberté, elle incarne parfaitement l’âme du lieu, à la fois chic, artistique et profondément ancrée dans l’histoire de France.
L’ambiance
Pousser la porte du Bar Joséphine, c’est entrer dans un espace où le spectaculaire le dispute à l’histoire. Ton regard sera d’abord capté par le plafond et ses fresques monumentales restaurées, qui baignent la pièce d’une lumière artistique et colorée. Le décor de Jean-Michel Wilmotte est résolument contemporain. Attends-toi à un immense bar en marbre, des volumes impressionnants, des assises design et des miroirs qui jouent avec les perspectives. Ce luxe assumé et spectaculaire tranche avec l’image que l’on pourrait se faire d’un vieux bar de palace.
Cette modernité peut d’ailleurs diviser. Certains habitués de l’ancien Lutetia trouvent l’atmosphère plus froide, moins feutrée qu’auparavant. Ils y voient davantage un lobby international qu’un bar parisien intimiste. D’autres, au contraire, apprécient cette ouverture, cette clarté et ce design audacieux.
L’atmosphère sonore évolue au fil de la journée. En fin d’après-midi, l’ambiance est plutôt calme, propice à une conversation posée ou à un rendez-vous d’affaires. Tu y croiseras une clientèle élégante, un mélange de touristes séjournant au palace et de Parisiens du quartier. Le soir, l’énergie monte d’un cran. Du jeudi au samedi, généralement entre 20h et 23h, une programmation musicale live s’installe. Des notes de jazz ou de folk s’élèvent, animant l’espace et lui conférant une chaleur bienvenue. Le bar devient alors plus vivant, vibrant au rythme de la musique. Le service, impeccable comme on peut l’attendre d’un palace, reste discret et efficace. C’est une expérience qui marie le prestige d’un grand nom de la Rive Gauche à une approche très actuelle du luxe.
Ce qu’on commande
On vient ici avant tout pour l’art de la mixologie. La carte, pensée par le Chef Barman Angelo Forte, est le cœur de l’expérience et justifie à elle seule le déplacement. Prépare-toi à des créations pointues et à des tarifs qui reflètent le standing du lieu.
Des cocktails créatifs et artistiques
La signature du Bar Joséphine, ce sont ses cocktails. Angelo Forte et son équipe ne se contentent pas des grands classiques. Ils proposent des cartes saisonnières, souvent inspirées par un univers artistique. Une récente collection, par exemple, rendait hommage à l’univers de la bande dessinée, chaque cocktail étant une interprétation liquide d’une œuvre ou d’un style graphique. Cette approche transforme la dégustation en une expérience narrative. Commander un verre ici, c’est aussi commander une histoire.
Les créations sont sophistiquées, jouant sur des associations de saveurs complexes, des infusions maison et des spiritueux de haute qualité. Le visuel est très soigné, chaque verre est une petite œuvre d’art. Les prix sont sans surprise dans la fourchette très haute des bars de palace parisiens. Un cocktail signature te coûtera entre 25 et 30 €. C’est un budget conséquent, qui positionne le Bar Joséphine comme une destination pour une occasion spéciale plutôt que pour un verre improvisé.
Une offre de restauration qui peut surprendre
Au-delà des boissons, le bar propose une carte de restauration pour accompagner ton verre. L’offre est variée : tapas chics, sushis, club sandwich ou même un bol de frites. Ce détail compte, car il influence l’ambiance générale. Pour certains, cette offre de snacking peut diluer l’expérience d’un bar à cocktails pur et dur. Voir des voisins dîner de sushis peut rendre l’atmosphère moins formelle, plus proche d’un lounge d’hôtel international. Pour d’autres, c’est un avantage qui permet de prolonger la soirée et de se restaurer légèrement dans un cadre exceptionnel. C’est une question de préférence. Mais retiens bien que le Bar Joséphine n’est pas qu’un temple de la mixologie ; c’est aussi un lieu de vie de l’hôtel où l’on peut manger.
Conseils pratiques
Pour une expérience réussie, le premier conseil est simple : anticipe ta visite, surtout si tu vises une soirée du week-end.
La réservation est fortement conseillée. Même si tu peux tenter ta chance à l’improviste en semaine, il est plus prudent de réserver ta table, en particulier si tu viens pour écouter la musique live du jeudi au samedi soir. Le lieu peut se remplir rapidement et l’attente est alors possible. Un dress code est attendu : prévois une tenue correcte. Pas besoin de sortir le costume trois-pièces, mais évite les tenues trop décontractées comme les shorts ou les vêtements de sport.
Quelques règles s’appliquent ici, comme dans la plupart des bars de palace. Le soir, le lieu se consacre aux cocktails et aux boissons alcoolisées. N’espère pas y commander un simple café : on pourrait te le refuser poliment. Une consommation par personne est aussi généralement attendue. Ces détails peuvent sembler stricts, mais ils participent au maintien du standing de l’établissement. Prévois de rester au moins une heure pour avoir le temps de savourer ton verre et de t’imprégner de l’atmosphère.
Accès, budget et comment éviter les confusions
Le Bar Joséphine se trouve au 45 boulevard Raspail, au sein de l’Hôtel Lutetia, dans le 6e arrondissement de Paris. C’est en plein cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés, facilement accessible par les stations de métro Sèvres-Babylone (lignes 10 et 12) ou Rennes (ligne 12). Côté budget, sois prévenu : c’est une expérience de luxe. Compte au minimum 25 € pour un cocktail. L’accessibilité est excellente : en tant que palace rénové, l’entrée est de plain-pied, les circulations sont larges et des sanitaires adaptés sont disponibles, rendant le lieu entièrement accessible aux personnes en fauteuil roulant.
Pour éviter toute confusion, sache qu’il existe plusieurs adresses Joséphine à Paris. Il ne s’agit ni de l’Hôtel Joséphine dans le 9e, ni de la brasserie Joséphine dans le 18e, ni même du célèbre bistrot Joséphine – Chez Dumonet, qui se trouve pourtant lui aussi dans le 6e arrondissement. Tu cherches bien le bar de l’Hôtel Lutetia.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille le Bar Joséphine pour boire un verre dans un lieu qui raconte une histoire complexe de Paris. Celle qui mêle le glamour des Années folles, la création artistique et les heures les plus sombres de l’Occupation. Ce lieu dépasse la simple définition d’un bar de palace : c’est un monument où chaque cocktail semble porter l’écho de sa mémoire. Si tu es prêt à y mettre le prix, c’est une expérience forte, parfaite pour une soirée qui doit marquer les esprits.













