
Prévois ~1h00 sur place, avec une affluence 5/5, et un accès facile depuis Paris intra. Viens sans réservation pour une visite sans stress.
C'est la maison rouge et beige que tu vois sur toutes les cartes postales. Très mignon, très vieux Paris, mais victime de son succès. Viens-y très tôt le matin pour prendre un café et une photo tranquille avant que la marée touristique ne débarque.
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Histoire et contexte
Planté au cœur du vieux village, Le Consulat Montmartre est l’un des plus anciens cafés de la Butte. Le bâtiment lui-même remonte au début du XIXe siècle. À cette époque, Montmartre était encore une commune rurale, parsemée de moulins et de vignes, bien avant son annexion à Paris en 1860. Depuis plus de deux cents ans, il a toujours gardé ses portes ouvertes. Il a vu le quartier se transformer, passant de repaire populaire à épicentre de la bohème artistique, pour devenir l’un des lieux les plus visités au monde. Le Consulat a tout observé : les artistes sans le sou, l’arrivée de l’électricité, puis les touristes du monde entier. Sa longévité en fait une véritable capsule temporelle qui a survécu à toutes les transformations, témoin silencieux de l’histoire parisienne.
Son surnom, « Ambassade de Savoie », garde une partie de son histoire. Ce titre, un peu surprenant, n’est pas une invention pour les touristes. Il rend hommage à un personnage bien réel : Félix Desportes, un Savoyard qui devint le tout premier maire de Montmartre en 1790, juste après la Révolution. Ce détail précis ancre le café dans une histoire locale forte, bien avant que les peintres ne fassent la renommée du quartier. Ce lien, même anecdotique, avec le pouvoir municipal des débuts, a façonné l’identité d’un lieu qui a toujours eu une importance locale.
Le mythe des artistes demeure le plus tenace. Les noms de Pablo Picasso, Claude Monet, Vincent Van Gogh ou encore Henri de Toulouse-Lautrec sont souvent associés au Consulat. Abordons cette histoire avec une certaine prudence. Oui, tous ces maîtres ont vécu, travaillé et arpenté les rues de la Butte à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Les cafés représentaient leurs salons, leurs cantines, leurs bureaux. Il est donc très probable qu’ils aient poussé la porte du Consulat, comme celle de dizaines d’autres estaminets du coin. Mais prouver une fréquentation assidue est une autre affaire. Le fait est que l’établissement incarne parfaitement l’esprit de cette époque. Cette légende, même si elle est difficilement vérifiable, fait partie intégrante du charme du lieu. Elle te permet de t’asseoir à une table et d’imaginer, le temps d’un café, le bouillonnement créatif qui animait ces mêmes rues pavées.
© Fabrice TrinitéL’ambiance
L’expérience du Consulat t’attrape avant même de t’asseoir : elle naît dans ton regard. Sa façade est sans doute l’une des plus photographiées de Paris. C’est une petite maison d’angle, peinte dans des tons clairs, avec ses boiseries vertes et son enseigne rouge vif qui se détache sur les pavés. Elle est parfaitement proportionnée, presque théâtrale dans sa simplicité. Située au carrefour de la rue Norvins et de la rue Saint-Rustique, elle est devenue une icône visuelle, un décor de cinéma à ciel ouvert. On la voit d’ailleurs dans le film de Woody Allen, Tout le monde dit I Love You. L’ambiance extérieure est celle d’un shooting photo permanent. À toute heure, des visiteurs du monde entier s’arrêtent, cherchent le meilleur angle, attendent que le passage se libère pour capturer l’image parfaite. La terrasse, prise d’assaut dès qu’un rayon de soleil apparaît, se transforme en scène où le spectacle se joue autant dans la rue que dans les assiettes.
Pousse la porte, et l’atmosphère change. L’intérieur est un bistrot parisien classique, en version miniature. L’espace est exigu, les tables en bois sont serrées les unes contre les autres, créant une proximité immédiate. Tu y trouveras des banquettes en moleskine rouge, des miroirs qui tentent d’agrandir la pièce et des tableaux aux murs qui évoquent le passé artistique du quartier. C’est un refuge chaleureux et un peu sombre, contrastant avec l’agitation extérieure. Le bruit de fond est un mélange de conversations en toutes les langues et du cliquetis des couverts. C’est vivant, parfois bruyant, mais cela fait partie de l’expérience. L’ambiance n’est pas celle d’un café feutré où l’on vient lire pendant des heures. Le rythme est rapide, dicté par le flux incessant de clients.
La clientèle est presque exclusivement touristique. Couples, familles, groupes d’amis venus des quatre coins du monde se succèdent pour vivre leur moment montmartrois. C’est un lieu de passage, une étape dans une journée de visite bien remplie. Le service, par conséquent, est souvent décrit comme fonctionnel et rapide. Certains le trouvent efficace et souriant ; d’autres, en revanche, le jugent expéditif ou impersonnel. C’est le revers de la médaille d’un lieu si populaire : il faut gérer un volume important de clients. N’espère pas une longue conversation avec le serveur. Ici, l’efficacité prime, pour permettre à chacun de profiter du décor avant de céder sa place.
© Fabrice TrinitéCe qu’on commande
La carte du Consulat reflète sa façade : c’est une carte postale de la cuisine de bistrot français. Ne cherche pas ici l’originalité ou la créativité d’un néo-bistrot. Le menu rend hommage aux classiques, des plats rassurants et connus de tous, conçus pour offrir une expérience typique aux visiteurs qui découvrent Paris. C’est simple, direct et sans surprise, ce qui peut être une qualité ou un défaut, selon tes attentes.
Les classiques du bistrot parisien
Quand le temps se rafraîchit, la star de la carte est la soupe à l’oignon gratinée. Servie dans son bol traditionnel, fumante et recouverte d’une épaisse couche de fromage doré, elle coche toutes les cases du plat réconfortant. C’est d’ailleurs l’un des choix les plus fréquents et souvent l’un des plus appréciés. Tu trouveras aussi d’autres grands classiques : le steak-frites, servi avec différentes sauces, ou les moules-frites quand c’est la saison. Des crêpes salées, des omelettes et des salades composées complètent également la carte. Ce sont des plats simples qui ne prennent pas de risque. La qualité de la nourriture est le point qui divise le plus les visiteurs. Certains la trouvent tout à fait correcte et conforme à ce qu’on attend d’une brasserie touristique. D’autres, en revanche, sont déçus, jugeant les plats quelconques et la préparation basique.
Gérer ses attentes : le rapport qualité-prix
Voici l’information essentielle avant de t’installer. Les prix au Consulat sont élevés. Un cappuccino peut coûter autour de 7,50 €, et un plat principal atteint facilement les 20-25 €. Ce n’est pas un lieu pour les petits budgets. Comprends bien que tu paies pour l’emplacement, le cadre et le privilège de t’asseoir à l’une des adresses les plus photographiées de la capitale, bien plus que pour le contenu de ton assiette. C’est pourquoi de nombreux avis qualifient le lieu de piège à touristes. Si tu y vas en cherchant une expérience gastronomique mémorable, tu seras très probablement déçu. La cuisine est souvent décrite comme moyenne, voire médiocre, par rapport aux tarifs pratiqués. Les avis sont extrêmement polarisés : pour chaque client qui repart enchanté par l’ambiance et la soupe à l’oignon, un autre se plaint d’un plat sans saveur et d’une addition trop salée. Savoir cela à l’avance te permettra de faire un choix éclairé.
Conseils pratiques
Aborde Le Consulat pour ce qu’il est : un décor exceptionnel avant d’être un restaurant. Pour en profiter sans déception, vise souvent une pause simple. Un café le matin, un verre de vin en fin d’après-midi ou une crêpe au sucre te permettent de t’imprégner de l’atmosphère, de prendre ta photo et de savourer le moment, sans engager le budget et les attentes d’un repas complet. De nombreux visiteurs avisés choisissent d’ailleurs une autre stratégie : ils admirent la façade, prennent leur photo souvenir, puis vont déjeuner ou dîner dans l’un des nombreux autres bistrots du quartier de Montmartre, souvent plus abordables et qualitativement supérieurs.
Pour éviter la foule, le choix du créneau est décisif. Le meilleur moment est sans conteste le matin en semaine, juste après l’ouverture. Entre 11h et midi, tu auras de bonnes chances de trouver une place en terrasse sans attendre et de faire une photo sans qu’une foule se presse derrière toi. C’est le moment idéal pour un café au calme, en regardant le quartier s’animer. À l’inverse, le pire moment est le samedi après-midi, surtout s’il fait beau. La terrasse et les rues adjacentes sont alors noires de monde, et l’attente pour une table peut dépasser les 20 minutes. Les vacances scolaires et les jours fériés sont aussi des périodes de très forte affluence. Une pause dure en moyenne une heure, le temps de boire un verre ou de manger un plat simple. La réservation n’est pas vraiment une pratique courante pour un simple verre, mais elle peut être une bonne idée si tu tiens à y dîner le week-end, même si cela ne te garantira pas de ne pas attendre un peu.
Accès et accessibilité
Le Consulat se situe au sommet de la Butte, dans le 18e arrondissement. L’accès demande un peu d’effort, car les rues sont pavées et souvent en pente. Si tu viens en métro, les stations les plus proches sont Abbesses (ligne 12) ou Anvers (ligne 2), mais il te faudra ensuite grimper. Le funiculaire de Montmartre est une bonne option pour t’épargner une partie de la montée. Fais attention, l’accessibilité est très limitée pour les personnes à mobilité réduite. Les rues pavées sont difficiles à pratiquer en fauteuil roulant. L’intérieur du restaurant est très exigu, avec des tables très rapprochées et un passage étroit, ce qui rend la circulation quasiment impossible. Les toilettes ne sont pas non plus adaptées. C’est une contrainte majeure à prendre en compte.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille Le Consulat pour une expérience visuelle et symbolique, plutôt que pour un repas mémorable. C’est l’occasion de t’offrir une pause dans un décor de film, de faire la photo que tout le monde veut avoir, et de toucher du doigt le mythe du vieux Paris. Si tu y vas en connaissance de cause, en privilégiant un café le matin ou un verre en terrasse, tu en garderas un excellent souvenir : celui d’avoir fait partie de la carte postale pour un instant.















