Prévois ~2h00 sur place, avec une affluence 4/5, et un accès facile depuis Paris intra. Réservation conseillée pour une visite sans stress.
Un bistrot historique à Montmartre où Van Gogh et Pissarro avaient leurs habitudes. L'ambiance est joyeuse, "vieille France", avec accordéon et nappes à carreaux. C'est touristique, mais ça garde un charme fou pour une soirée nostalgique.
Histoire et contexte
L’histoire de ce lieu commence bien avant son nom actuel, avec une bâtisse du XVIe siècle perchée sur la butte Montmartre. Longtemps, on l’a connu sous le nom « Aux Billards en Bois ». Ce n’est qu’en 1925 qu’il prend l’identité de La Bonne Franquette, un nom qui, par lui-même, évoque la simplicité, la convivialité et un certain esprit français. Mais c’est surtout à la fin du XIXe siècle que l’auberge marque son temps, en devenant le point de ralliement d’une génération d’artistes qui bouleversa la peinture.
Imagine un peu : après avoir grimpé la colline, des noms comme Pissarro, Sisley, Cézanne, Renoir, Monet et Toulouse-Lautrec venaient s’attabler sous les tonnelles du jardin. L’écrivain Émile Zola s’y joignait parfois. Quant au chansonnier Aristide Bruant, figure emblématique de Montmartre, il y avait ses habitudes et s’y produisait régulièrement. Leur voisin le plus célèbre était sans doute Vincent van Gogh. Il vivait non loin avec son frère Théo, au 54 rue Lepic, et a même immortalisé l’établissement en 1886 dans son tableau La Guinguette, une œuvre aujourd’hui visible au musée d’Orsay. S’installer à La Bonne Franquette, c’est un peu prendre place dans le décor d’un tableau, au cœur d’une époque où Montmartre était encore un village d’artistes et de vignerons.
L’ambiance
Pousser la porte, c’est plonger dans un Paris d’autrefois. L’ambiance évoque une auberge de village, offrant une chaleur et une simplicité qui contrastent avec l’agitation de la Place du Tertre toute proche. La devise de la maison, « Aimer, Manger, Boire et Chanter », est peinte sur les murs et donne le ton. Les nappes à carreaux, les boiseries anciennes et la présence quasi systématique d’un pianiste-chanteur égrenant des classiques de la chanson française participent à ce décor vivant, légèrement suranné. C’est un lieu aux multiples facettes, réparti en différents espaces, chacun avec son propre caractère.
Le bistrot et les terrasses
Dès l’entrée, tu découvres le Bistrot et son vieux comptoir en zinc, où il est facile d’imaginer Aristide Bruant accoudé. C’est l’endroit idéal pour boire un verre ou un café, et prendre le pouls du restaurant. Dehors, deux terrasses t’attendent, chacune avec une atmosphère distincte. Celle de la rue des Saules, à flanc de colline, est parfaite pour observer l’animation. La seconde, située sur la rue Saint-Rustique, la plus haute rue de Paris –, offre des vues imprenables sur les toits et le dôme du Sacré-Cœur. Évidemment très prisées aux beaux jours, ces terrasses sont idéales pour t’immerger dans l’ambiance unique du quartier.
Les salles intérieures
À l’intérieur, deux salles principales reçoivent les convives. La plus grande est la salle Aristide Bruant, un hommage direct au chansonnier. Avec ses longues tablées, c’est l’espace festif par excellence, souvent animé par la musique. Elle a été conçue pour les groupes et les grandes tablées familiales, là où l’échange est roi. Juste à côté, la salle La Guinguette, nommée en référence au tableau de Van Gogh, offre une atmosphère plus posée. Tu y trouveras un vieux tilleul en son centre et une grande fresque murale. Cet espace se prête bien aux repas en plus petit comité. Il y a enfin La Cave, un petit espace voûté, idéal pour une dégustation de vin intime, à l’écart de l’agitation des salles principales.
Une maison face au tourisme de masse
Son emplacement, au cœur du Montmartre historique, assure à La Bonne Franquette une affluence certaine. Certains la qualifient d’« attrape-touristes ». Ce serait oublier un peu vite ce qui la distingue réellement. Certes, l’ambiance « vieille France » avec accordéon est une mise en scène assumée. Mais, contrairement à beaucoup d’établissements voisins, la qualité est bien au rendez-vous, aussi bien dans l’assiette que dans le verre. On vient ici pour cette atmosphère joyeuse et nostalgique. Elle ne plaira pas si tu cherches le calme absolu, mais si tu te prêtes au jeu, l’expérience est sincère et chaleureuse.
La carte
La cuisine de La Bonne Franquette est à l’image du lieu : traditionnelle, généreuse et sans chichis. Le chef Richard Dhammika propose des classiques de la cuisine française, en s’appuyant sur des produits du terroir bien sourcés. Ici, on ne cherche pas à réinventer la gastronomie. L’objectif est simple : bien faire ce qui est bon et réconfortant. Attends-toi donc à une carte qui célèbre les plats bourgeois et les recettes de grand-mère, tous exécutés avec soin.
La spécialité de la maison est l’estouffade de bœuf, mijotée longuement. Ce plat riche et savoureux incarne parfaitement l’esprit de l’auberge. Tu trouveras également de belles pièces de viande, des poissons et des plats de saison qui ancrent la carte dans la tradition bistronomique. Les prix varient entre les formules et les plats à la carte. Le midi, les menus offrent souvent un bon rapport qualité-prix pour le quartier. Le soir, l’addition est plus conséquente, mais elle reste dans une fourchette raisonnable pour un dîner dans un lieu aussi chargé d’histoire. Pour une idée précise des tarifs du moment, consulte la carte sur leur site avant ta visite.
Une carte des vins qui fait la différence
Le point fort de la maison se trouve sans doute dans sa cave. Le patron, Maître Sommelier, communique immédiatement sa passion pour le vin. La carte propose plus de 200 références venues de toute la France, avec une sélection pointue de vins de vignerons qui travaillent dans le respect de leur terroir. Cette démarche s’éloigne de la simple carte de bistrot parisien. Un accent particulier est mis sur le Beaujolais, avec une profondeur de gamme rare. N’hésite pas à te laisser guider pour un accord mets-vins. Ce sérieux et cette expertise œnologique valorisent l’expérience et confirment que La Bonne Franquette, tout en cultivant son ambiance historique, offre une réelle profondeur gastronomique et œnologique.
Conseils pratiques
Pense à réserver, surtout si tu envisages un dîner, un week-end ou une table en terrasse durant les beaux jours. Le lieu est très demandé, et tu risques de ne pas avoir de place en te présentant à l’improviste. Pour une ambiance plus calme et une expérience plus personnelle, un déjeuner en semaine, comme le mardi midi, est idéal. En revanche, le samedi soir, le restaurant connaît son pic d’affluence : l’ambiance est très animée, et le service peut être plus rapide.
S’y rendre et anticiper l’accès
Accéder à La Bonne Franquette fait partie de l’expérience de Montmartre. Le moyen le plus simple et le plus charmant est sans doute le Montmartrobus, la navette qui sillonne la butte : l’arrêt Place du Tertre te dépose juste devant. Le funiculaire est une autre option prisée. Si tu optes pour le métro, les stations Lamarck-Caulaincourt ou Abbesses (ligne 12) sont les plus proches, mais prépare-toi à une bonne montée à pied.
Concernant l’accessibilité : le restaurant lui-même est bien adapté. Il est décrit comme accessible en fauteuil roulant en autonomie, avec un cheminement de plain-pied et un sanitaire équipé. C’est remarquable pour un bâtiment aussi ancien. La difficulté réside en revanche à l’extérieur. Les rues pour y arriver, comme la rue Saint-Rustique, sont étroites, pentues et pavées. L’accès au sommet de la butte reste un défi pour les personnes à mobilité réduite. C’est un paramètre important à prendre en compte pour organiser ta visite dans le 18e arrondissement.
Situé dans le quartier Montmartre et le 18e arrondissement de Paris, Restaurant – La Bonne Franquette est accessible facilement en transports en commun.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille La Bonne Franquette pour t’offrir une parenthèse joyeuse et un peu hors du temps, au cœur même de la légende de Montmartre. Tu ne cherches pas ici une révolution culinaire, mais bien une expérience globale : déguster une cuisine française honnête, t’attabler dans un lieu où Van Gogh a posé son chevalet, et profiter d’un pianiste qui joue des airs que tu connais. C’est une maison qui a su préserver une âme festive et sincère, là où beaucoup d’autres ont cédé à la facilité.











