Prévois ~1h00 sur place, avec une affluence 3/5, et un accès facile depuis Paris intra. Viens sans réservation pour une visite sans stress.
Le parc de la Turlure, caché derrière le Sacré-Cœur. Il offre une vue unique sur la basilique, de dos. C'est beaucoup moins fréquenté que le parvis. Il y a une pergola couverte de glycine magnifique au printemps.
Histoire et contexte
Avant de devenir le jardin que tu connais, cet emplacement sur la butte Montmartre a eu plusieurs vies. Son histoire est profondément ancrée dans celle du quartier. Pendant longtemps, on l’a désigné comme le Parc de la Turlure, en souvenir du moulin à vent qui s’y dressait. Construit vers 1770, le Moulin de la Turlure fut le dernier des treize moulins édifiés sur la colline.
Son activité s’est arrêtée vers 1820. Il a ensuite été détruit, emporté par l’exploitation des carrières de gypse qui creusaient le sous-sol de la butte. Ce passé rural et artisanal a marqué la mémoire du lieu. Beaucoup de Montmartrois l’appellent toujours par son ancien nom.
Après la disparition du moulin, le terrain a pris une orientation plus spirituelle. La congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Cénacle l’a racheté. Elles y ont bâti un couvent et aménagé un jardin privé. De cette période, il reste un vestige surprenant : une petite grotte, aujourd’hui protégée par une grille, qui évoque celle de Lourdes. Le site a conservé cette quiétude monacale pendant plus d’un siècle, à l’abri des regards.
Ce n’est qu’en 1983 que la Ville de Paris a acquis une partie de cette parcelle. L’objectif était clair : créer un espace vert public, une nécessité dans ce quartier dense. Le parc, tel que tu le vois aujourd’hui, a été conçu en 1988 par l’architecte paysagiste Antoine Grumbach. En 2004, il a été rebaptisé en l’honneur de Marcel Bleustein-Blanchet, le fondateur de Publicis. C’était une façon de saluer cette figure marquante du XXe siècle : pionnier de la publicité, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, et surtout, habitant du quartier.
Ce qu’on y fait
Le Parc Marcel Bleustein-Blanchet est d’abord une respiration. C’est l’endroit que tu découvres presque par hasard en cherchant à fuir l’effervescence du parvis du Sacré-Cœur, à quelques dizaines de mètres seulement. En franchissant son entrée discrète, rue du Chevalier-de-la-Barre, tu laisses le bruit et la foule derrière toi. Tu entres alors dans une bulle de calme.
Le parc est entièrement construit à flanc de butte. Il épouse un dénivelé de 14 mètres grâce à une succession de terrasses. Cette topographie particulière crée des ambiances variées et offre des points de vue inattendus. C’est un lieu qui invite à la pause. Tu peux t’asseoir sur un banc pour lire, ou simplement pour contempler un Paris différent, loin des clichés touristiques.
Une vue unique sur le dos du Sacré-Cœur
L’attrait principal du parc, ce qui le rend si particulier, est la perspective qu’il offre. Oublie la vue frontale de la basilique du Sacré-Cœur, photographiée des millions de fois depuis le bas du square Louise Michel. Ici, tu te places juste derrière le monument, face à son chevet.
Cette vision rare, presque intime, de l’édifice permet d’observer de près l’architecture complexe de ses coupoles, de ses dômes et de ses absides. Ce sont des détails souvent invisibles depuis le parvis. Cet angle te fait prendre la mesure du bâtiment et de son volume, non pas comme une simple carte postale, mais comme une construction vivante solidement ancrée sur sa colline.
Pour les amateurs de photographie, cette perspective est un atout certain pour un cliché original. Au-delà de la basilique, le parc donne aussi une vue plongeante sur l’Est parisien. Ce panorama se distingue du point de vue plus célèbre qui s’étend vers la Tour Eiffel et l’ouest de la capitale. D’ici, tu aperçois les toits de zinc, les immeubles des arrondissements populaires et un horizon plus urbain qui raconte une autre facette de Paris. Viens pour un regard alternatif et surprenant sur la ville et l’un de ses monuments emblématiques, sans t’attendre à la vue panoramique classique.
Un jardin en terrasses, secret et romantique
La structure en escalier du parc invite à une découverte progressive. Chaque niveau déploie sa propre identité. La partie supérieure, baptisée Le Grand Salon, est sans doute la plus charmante. Elle est dominée par une longue pergola recouverte de glycines. Au printemps, généralement en avril et mai, la floraison de ces grappes violettes est un spectacle saisissant. L’allée se transforme alors en un tunnel végétal parfumé. C’est l’un des plus beaux spots de glycines de Paris, offrant un cadre très romantique pour une promenade. Cette terrasse abrite aussi une grande pelouse, bordée de bancs propices à la détente au soleil.
En descendant par les escaliers, tu accèdes à un niveau intermédiaire. Il est aménagé autour d’un petit amphithéâtre en plein air et d’une fontaine-bassin dont l’eau s’écoule en cascade, ajoutant une touche sonore apaisante. La végétation y est dense et variée, avec de nombreux arbres comme des érables, des platanes, des magnolias et des catalpas. Tu remarqueras un platane commun particulièrement imposant, classé arbre remarquable pour ses 27 mètres de haut. Il s’incline légèrement vers l’est, comme pour accompagner le regard vers le panorama. L’ensemble crée une atmosphère de jardin secret, un peu hors du temps, où nature et aménagement paysager dialoguent avec élégance.
Une pause pour les familles et les promeneurs
Le Parc Marcel Bleustein-Blanchet est également un lieu de vie apprécié des habitants du quartier, en particulier des familles. La terrasse la plus basse est entièrement dédiée aux enfants. Elle abrite une aire de jeux bien équipée, avec des bacs à sable et, chose assez originale pour un parc parisien, deux petits murs d’escalade qui font le bonheur des jeunes grimpeurs. C’est une étape idéale pour permettre aux enfants de se défouler après une balade dans les rues parfois escarpées de Montmartre.
Juste à côté de l’aire de jeux, un boulodrome est régulièrement occupé par les joueurs de pétanque, ce qui ajoute à l’ambiance décontractée et presque villageoise du lieu. Pour le confort de tous, le parc est équipé de toilettes publiques et de points d’eau potable. Ces détails pratiques font la différence lors d’une sortie en famille. Que tu cherches une partie de pétanque, une pause ludique avec les enfants ou simplement un point d’achèvement pour ton exploration de la butte, ce jardin offre un cadre parfait pour te ressourcer. Il est loin de l’agitation, mais au cœur même de l’un des quartiers les plus visités de Paris.
Conseils pratiques
Pour profiter de ce parc, considère-le comme une alternative. Il prend tout son sens quand tu cherches à échapper à la foule compacte qui s’amasse en permanence autour du Sacré-Cœur. Si tu visites le quartier un samedi après-midi, c’est ici que tu trouveras un peu de répit. N’hésite pas à le chercher activement derrière la basilique. Tu peux le trouver sous son nom officiel, Parc Marcel Bleustein-Blanchet, ou sous son appellation historique, Parc de la Turlure. Connaître les deux noms te permet de mieux t’orienter. L’accès est entièrement gratuit.
Le moment de ta visite déterminera ton expérience. Pour un calme quasi absolu, privilégie un mardi matin. Pour le spectacle floral, viens au printemps, entre avril et mai, lorsque la pergola croule sous les glycines. Le parc reste agréable toute l’année, mais ces deux créneaux sont particulièrement magiques. Prévois environ 60 minutes pour en faire le tour tranquillement, t’asseoir et profiter des différentes vues. Les horaires d’ouverture varient beaucoup en fonction de la saison, avec une fermeture qui peut aller de 17h en plein hiver à 20h30 en été. Un coup d’œil sur le site de la Mairie de Paris avant de venir est une bonne précaution. Ce parc est une étape parfaite lors d’une exploration de Montmartre, en plein cœur du 18e arrondissement.
Accessibilité et limites à connaître
Sois bien conscient de son principal point faible : l’accessibilité du parc est extrêmement limitée. Sa conception en terrasses, accrochée à la pente de la butte, implique de nombreux escaliers pour circuler d’un niveau à l’autre. Il est donc très difficile, voire impossible, de s’y déplacer en fauteuil roulant. C’est aussi un lieu peu pratique pour les poussettes. Si tu as des difficultés à marcher, la visite pourrait s’avérer fatigante. Anticipe cette contrainte majeure.
Quelques autres nuances sont à garder à l’esprit. Bien qu’il soit un havre de paix comparé à son environnement immédiat, le parc n’est pas silencieux. L’aire de jeux peut être animée et bruyante, surtout à la sortie des écoles. La vue, aussi belle soit-elle, est très spécifique : elle donne sur l’arrière de la basilique et sur l’Est parisien. Si tu t’attends à voir la Tour Eiffel, tu seras déçu. Enfin, en cas de pluie soudaine, les abris sont rares. À part le feuillage des arbres et un ombrage partiel sous la pergola, tu seras vite mouillé. C’est un parc à apprécier par beau temps.
Pourquoi je te le conseille
Je te conseille le Parc Marcel Bleustein-Blanchet pour le contraste saisissant qu’il offre. C’est une parenthèse de calme et de verdure à moins de deux minutes à pied de l’un des lieux les plus fréquentés d’Europe. Venir ici, c’est s’offrir un point de vue que la plupart des visiteurs ignorent : celui du dos du Sacré-Cœur, massif et secret. Ce lieu te donne l’impression de partager un secret avec les habitants du quartier.











